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Analyse de risqueEffondrement de la décharge de Dar-es-Salam à Conakry : le risque invisible du BLEVE dans les massifs de déchets non triés
9 septembre 2026 · 6 min de lecture
Dans la nuit du 22 au 23 août 2026, à Conakry, le massif de déchets de Dar-es-Salam a cédé sur les habitations situées en contrebas : 36 personnes ont perdu la vie. Au-delà de l’éboulement, IFECARM GROUP alerte sur un scénario souvent oublié : le BLEVE, l’explosion des contenants sous pression enfouis dans les massifs non triés.
Ing. Sr. Sergio S. G. DOSSOU — Fondateur & CEO — IFECARM GROUP SARL




Le même site. Le même mois de l’année. Le même effondrement. Dans la nuit du 22 au 23 août 2026, à Conakry, après de fortes pluies, le massif de déchets de Dar-es-Salam a cédé sur les habitations situées en contrebas. 36 personnes ont perdu la vie. Un précédent effondrement s’était déjà produit sur ce site en août 2017.
Ces éléments sont rapportés tels que communiqués publiquement ; les circonstances précises de l’événement restent à établir par les autorités compétentes. On parle beaucoup de la pente. On parle beaucoup moins d’un scénario que tout intervenant sur un feu de décharge redoute : le BLEVE.
Le BLEVE : Boiling Liquid Expanding Vapour Explosion
Le BLEVE est l’éclatement brutal d’un récipient de gaz liquéfié sous pression, chauffé par un incendie. La pression grimpe, la paroi s’affaiblit, puis elle cède d’un coup : le liquide surchauffé se vaporise instantanément. Onde de choc, éclats projetés loin, boule de feu.
Qu’est-ce qui finit enfoui dans un massif non trié ?
Bouteilles de gaz, cartouches de camping, aérosols, extincteurs, fluides frigorigènes : autant de capacités sous pression, invisibles, dispersées dans la masse. Le déchet lui-même ne « bleveise » pas. Mais l’accumulation crée les deux conditions du phénomène : des contenants pressurisés cachés, et une source de chaleur.
Car la chaleur, un massif la fabrique tout seul. La fermentation produit du méthane, explosible entre 5 et 15 % dans l’air. La dégradation biologique est exothermique : en profondeur, la chaleur s’accumule jusqu’au feu couvant. Une batterie lithium écrasée suffit à amorcer. Le feu chauffe alors les contenants un par un ; les éclatements se succèdent, imprévisibles. C’est ce qui rend l’intervention des secours si dangereuse.
Un même feu, deux temporalités
Le BLEVE frappe vite et près. La fumée frappe lentement et loin. Un feu de déchets mélangés libère dioxines, furanes et particules fines, des jours durant. Pour une population installée au pied du site, l’exposition ne s’arrête pas quand les flammes cessent d’être visibles.
Ce qui protège
Le tri strict à la source, qui retire contenants sous pression et batteries avant le massif. La sectorisation des stocks. Le captage du biogaz et la surveillance des températures. Le tri n’est pas qu’une politique environnementale : c’est une barrière de sécurité. L’éboulement est le scénario visible. Il n’est pas le seul.
Nos pensées, et une question aux collectivités
Aux victimes, à leurs familles et aux populations de Gbessia, nous adressons nos pensées sincères. Mairies, communes, préfectures : ces dépôts, souvent hérités et rarement caractérisés, posent des questions qui ne s’improvisent pas. IFECARM GROUP accompagne les collectivités dans la caractérisation des flux, l’analyse des risques et l’élaboration de plans de sécurisation.
Votre analyse de risque couvre-t-elle tous les scénarios, ou seulement le plus visible ?
